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Le piège de l’efficacité

Dernière mise à jour : 24 déc. 2025

« Encore une année que je n’ai pas vu passer. J’ai couru sans cesse… et plus je m’organise, plus je me sens débordé·e »


Cette sensation est devenue familière. La culture de la productivité nous entraîne insidieusement dans ce que l’on pourrait appeler une illusion d’efficacité. Réduire les durées, optimiser chaque minute, gérer des to-do lists interminables, coder les priorités en couleurs, adopter le dernier outil de planification à la mode : tout cela promet de faire tenir davantage de choses dans une journée qui, pourtant, ne s’allonge jamais.


Cette logique occulte une réalité fondamentale : le temps est limité, tandis que les demandes, sollicitations et opportunités sont, elles, virtuellement infinies. Paradoxalement, plus nous devenons efficaces, plus les attentes à notre égard augmentent. Et plus nous ajoutons de tâches à accomplir.


Si nous n’y prenons pas garde, cette obsession de l’efficacité nous éloigne progressivement de l’essentiel. L’enjeu est majeur : cette dynamique nourrit l’anxiété, l’insatisfaction chronique et participe largement aux problématiques contemporaines de santé mentale.


Comment ne pas tomber dans le piège de la productivité ?


La première étape consiste à interroger le sens, avant toute chose :

Pourquoi ? Pour quoi ? Pour qui ?


Gagner du temps grâce à une meilleure organisation ne peut être dissocié d’une redéfinition de notre idée de la réussite. Cela implique de revenir aux priorités personnelles, à ce qui compte réellement, à l’essentiel de notre vie — une vie incroyablement courte, qui passe à une vitesse vertigineuse.


Dans son ouvrage « 4 000 semaines : la gestion du temps pour les mortels », Oliver Burkeman rappelle un constat simple mais rarement intégré : vivre jusqu’à 80 ans représente un peu plus de 4 000 semaines. Un laps de temps étonnamment bref. Cette perspective devrait nous conduire à considérer le temps non comme une ressource infinie à maîtriser, mais comme un cadre limité et irréversible dans lequel nous sommes appelés à faire des choix porteurs de sens.


Ces semaines que l’on ne voit pas passer…


Et si nous acceptions enfin que nous ne pourrons jamais tout faire ? Que notre liste de choses à accomplir restera toujours inachevée ?


Accepter cette réalité permet de desserrer l’anxiété liée à l’impossible complétude. Cela suppose de renoncer consciemment à certaines options pour investir pleinement notre énergie dans ce qui compte vraiment. C’est ainsi que se développe une liberté rarement valorisée : la liberté du renoncement.


Dans un monde d’hyper productivité, savoir dire non devient une compétence essentielle. Chaque choix implique de laisser d’autres possibilités de côté. Il ne s’agit pas d’un manque, mais d’une attention intentionnelle, par opposition à la dispersion permanente.


Plutôt que de chercher à tout faire entrer, choisissons délibérément quelques objectifs personnels et professionnels, et décidons de les traiter comme des priorités absolues. Autrement dit, définissons clairement nos « non négociables ».


IA et productivité : une question de santé mentale


Avec l’essor de l’intelligence artificielle, ce changement de paradigme devient une véritable obligation de santé mentale. Sans remise en question profonde, le temps gagné sur certaines tâches sera immédiatement absorbé par d’autres activités, souvent de faible valeur, sans générer davantage de confort ou de liberté personnelle.


Nous continuerons alors à dire :« J’aimerais beaucoup faire ceci ou cela… mais je n’ai pas le temps. »


Ainsi, toute avancée technologique ou toute amélioration de processus risque de bénéficier au marché, aux clients ou à l’environnement, sans jamais profiter réellement à l’individu. Or l’être humain n’a pas seulement besoin de temps à optimiser. Il a besoin d’attention, de présence, de relations, de repos, de contemplation, de loisirs pleinement vécus, d’expériences humaines, de sommeil et de réflexion.


Vers une pratique plus sage de notre temps


La productivité moderne ne cherche pas à libérer du temps, mais à le remplir davantage. Nous sommes souvent mal à l’aise face au fait de ne rien faire, de prendre du temps sans le compter, de nous engager dans des activités choisies, ou simplement de lâcher prise. L’image du cadre dynamique et surchargé reste largement valorisée. Être occupé devient parfois une stratégie pour éviter de se confronter à ce qui compte réellement.


Alléger la charge mentale et se soigner de la vie moderne implique de changer de paradigme : apprendre à faire certaines choses sans référence au temps, réapprendre à ne rien faire, à sentir, écouter, regarder, goûter, toucher. Il s’agit aussi de résister aux distractions inutiles, voire anxiogènes, comme le défilement sans fin sur les réseaux sociaux.


Cette démarche exige d’être proactif : renoncer consciemment et volontairement. C’est précisément ce renoncement qui donne de la valeur au choix. Il devient un acte positif, et non une perte.


Accepter des limites n’est pas une résignation, c’est une libération.


Chaque « oui » est aussi un « non » à d’innombrables autres possibles. Nous ne pouvons pas vivre toutes les vies — mais nous pouvons vivre pleinement celle que nous choisissons.


Dans un monde incertain, rapide et anxiogène, où la santé mentale est devenue une cause nationale en 2025 et le restera durablement, les technologies — et l’IA en particulier — offrent des possibilités vertigineuses, sans jamais résoudre la question du sens.


Le véritable enjeu n’est donc pas le plus (plus vite, plus performant), mais le mieux : mieux choisi, plus incarné, plus humain.





 
 
 

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